Groupe de Cerfs dans une prairie, symbole du débat sur la chasse récréative
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Exécuter un animal par plaisir : un droit Légitime ou une dérive ?


Temps de lecture : 5 minutes

Cerf dans une prairie, symbole du débat sur la chasse récréative.

Le 21 février 2025, un cerf a été traqué et mis à mort sur la propriété de Luc Besson, sous les yeux de sa mère de 85 ans. Une scène digne d’un autre siècle, qui relance un débat essentiel : en 2025, est-il encore acceptable d’exécuter un animal pour le plaisir ? Alors que la société évolue vers une reconnaissance accrue du bien-être animal, la persistance de pratiques récréatives impliquant la mise à mort soulève des questions profondes.
Explorons les dimensions éthiques, juridiques et sociétales de cette problématique, tout en s’appuyant sur l’exemple de l’affaire Besson pour illustrer les tensions actuelles entre tradition et évolution des mentalités.

L’exécution d’un animal pour son plaisir de chasse : est-ce une tradition légitime ou une pratique archaïque ?

L’histoire de la chasse en tant que loisir

La chasse a longtemps été une activité de survie avant de devenir un loisir réservé aux élites. Dans la noblesse européenne, elle représentait un symbole de prestige et de pouvoir. Cette pratique, souvent codifiée, démontrait la supériorité sociale et physique de ses adeptes. Aujourd’hui, bien que réglementée, la chasse récréative existe toujours sous différentes formes, soulevant des débats sur sa pertinence dans une société moderne. L’acte d’exécuter un animal par plaisir devient un sujet sensible alors que les valeurs sociétales évoluent vers une reconnaissance accrue du respect du vivant.

Le cas du cerf de Luc Besson : une ligne rouge franchie ?

L’intrusion des chasseurs sur une propriété privée et l’abattage brutal du cerf au couteau ont profondément choqué l’opinion publique. Cet événement dramatique illustre comment la chasse peut basculer vers une mise à mort sans cadre éthique clair. Exécuter un animal par plaisir, sans nécessité vitale ou alimentaire, interroge directement nos valeurs collectives et nos responsabilités envers les êtres vivants.

Envie de comprendre et de vous faire votre propre opinion : vakitamedia| reel | le cerf abattu dans le domaine de Luc Besson.

La mise à mort d’un animal par plaisir : quelle éthique en 2025 ?

Peut-on justifier l’exécution d’un être vivant sans nécessité ?

La science reconnaît aujourd’hui la sensibilité et la conscience des animaux, rendant moralement problématique l’acte d’exécuter un animal par plaisir. Contrairement à la chasse de subsistance, justifiable par nécessité alimentaire, la mise à mort récréative apparaît comme une pratique dénuée de fondement éthique. La société contemporaine se doit de réévaluer ces pratiques à l’aune de valeurs de respect et d’empathie envers le vivant.

Un droit personnel qui empiète sur l’intérêt collectif ?

Le débat sur l’éthique de la chasse récréative met en lumière une fracture sociétale grandissante. Exécuter un animal par plaisir semble de plus en plus en contradiction avec les aspirations collectives à un monde plus respectueux du vivant. L’intérêt personnel de quelques-uns doit-il primer sur l’intérêt général d’une société engagée dans la défense du bien-être animal ?

🐺 Découvrez comment le déclassement récent du loup illustre nos propos : « l’intérêt personnel de quelques-uns prime sur l’intérêt général ».

Enjeux juridiques : où en est la législation ?

La réglementation actuelle en France

En France, la chasse récréative demeure légale sous certaines conditions et réglementations strictes. Cependant, comme le démontre l’incident chez Luc Besson, des lacunes juridiques persistent. L’acte d’exécuter un animal par plaisir, notamment dans des contextes illégaux ou moralement discutables, met en évidence la nécessité d’une réforme législative adaptée aux valeurs contemporaines.

Que disent nos voisins européens ?

Certains pays voisins de la France ont déjà pris des mesures significatives pour réglementer, voire interdire, la chasse récréative :

  • Royaume-Uni : interdiction stricte de la chasse à courre depuis 2004.
  • Allemagne et Pays-Bas : réglementation renforcée concernant la chasse récréative, avec des sanctions sévères pour les pratiques cruelles ou inutiles.

Ces exemples européens interrogent sur la position de la France : pourquoi ne pas s’en inspirer pour encadrer ou interdire clairement l’acte d’exécuter un animal par plaisir ?

Comparatif des législations sur la chasse récréative en Europe.
Crédit Photo : site becassiersdefrance.com

Afin d’illustrer les différentes approches réglementaires en Europe, voici un tableau synthétique des restrictions appliquées dans plusieurs pays :

PaysRestrictions de chasse
AutricheAucune restriction.
BelgiqueLimitée à 4 personnes en Flandre et Wallonie.
Bosnie-HerzégovineAucune restriction.
BulgarieAucune restriction.
CroatieAucune restriction.
ChyprePas de limitation, règles de sécurité imposées par la Fédération.
République tchèqueAucune restriction, chasse guidée et individuelle autorisées.
DanemarkChasse limitée à 10 personnes, restrictions de mobilité selon les régions.
EstonieAucune restriction.
FinlandeAucune restriction, recommandations de distanciation.
FranceChasse limitée à certaines espèces (sanglier, chevreuil, cerf, lapin, pigeon), autorisations régionales requises.
AllemagneRestrictions sur les grandes chasses, limitation à 10 participants.
GrèceChasse autorisée, mais restrictions de circulation.
HongrieCouvre-feu de 20h à 5h, chasse autorisée en journée.
IslandeRestrictions de déplacement impactant la chasse.
IrlandeChasse interdite, sauf pour le contrôle des nuisibles.
ItalieRestrictions selon les zones : rouge (interdite), orange (limite locale), jaune (aucune restriction).
LettonieChasse considérée comme un service essentiel, aucune restriction.
LituanieChasse limitée à 5 personnes par groupe.
LuxembourgChasse autorisée avec des mesures sanitaires strictes.
MalteAucune restriction.
MonténégroAucune restriction spécifique.
Pays-BasChasse limitée à 2 personnes sauf pour les membres d’une même famille.
NorvègeAucune restriction, recommandation d’éviter les rassemblements de plus de 5 personnes.
PologneChasse individuelle autorisée, chasse collective limitée.
PortugalChasse interdite dans 121 régions sur 170.
RoumanieChasse limitée à 10 participants.
SerbieAucune restriction, respect des mesures sanitaires.
SlovaquieChasse autorisée sous conditions sanitaires strictes.
SlovénieAucune restriction.
EspagneChasse autorisée uniquement dans la région d’appartenance.
SuèdeAucune restriction, respect des règles de sécurité recommandé.
SuisseRéglementation variable selon les cantons.
Royaume-UniRestrictions locales, fermeture de certaines zones de chasse.

Ce tableau met en évidence la diversité des réglementations en Europe et illustre les divergences dans la perception de la chasse, certaines nations la restreignant sévèrement tandis que d’autres la considèrent encore comme une activité essentielle.

Une évolution inévitable : vers une interdiction de la chasse récréative ?

Le basculement de l’opinion publique

Les récents scandales, largement relayés par les médias, révèlent un changement profond de l’opinion publique. De plus en plus de citoyens rejettent la pratique consistant à exécuter un animal par plaisir, la considérant incompatible avec les principes éthiques modernes. Cette évolution des mentalités est visible dans les mobilisations citoyennes et associatives de plus en plus fréquentes.

Crédit photo : Freepik | générée par l’IA

Les pistes pour une réforme législative

Plusieurs pistes existent pour encadrer juridiquement la chasse récréative :

  • un renforcement des conditions d’autorisation et de pratique ;
  • l’interdiction claire des pratiques cruelles ou inutiles, notamment la mise à mort sans justification alimentaire ou écologique ;
  • des sanctions accrues en cas d’infraction, afin de dissuader clairement toute dérive.

Ces mesures reflètent une volonté d’aligner les pratiques autorisées avec les valeurs dominantes d’une société qui accorde une importance grandissante au respect de la vie animale.

Le cas du cerf de Luc Besson révèle une fracture sociétale : d’un côté, ceux qui défendent une tradition et un loisir, de l’autre, ceux qui considèrent que tuer un être vivant sans nécessité est une pratique d’un autre âge.

La société étant en perpétuelle évolution, la question se pose : allons-nous vers une interdiction de la chasse récréative, ou continuerons-nous à tolérer des pratiques controversées ?👉 Agissez ! Soutenez les initiatives en faveur d’une réforme législative, informez-vous et participez aux débats pour un avenir plus respectueux du vivant.